Public Image Ltd.

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Genre post-punk, new wave, experimental, punk, alternative

Public Image Limited est un groupe form√© en 1978 par Johnny ¬ę Rotten ¬Ľ Lydon √† la dissolution des Sex Pistols. PiL est souvent cit√© comme un des groupes les plus provoquants et novateurs de la p√©riode post punk.

Suite √† la s√©paration des Sex Pistols, Lydon fit un voyage de trois semaines en Jama√Įque avec le patron de Virgin Records Richard Branson, durant lequel Lydon aida √† la recherche de nouveaux artistes reggae.

Après ces vacances, Lydon approcha Jah Wobble (né John Wardle) pour débuter un nouveau groupe. Ce rapprochement semblait naturel : Ils étaient amis depuis les années 1970 et avaient joué occasionnellement de la musique ensemble pendant les derniers jours des Sex Pistols. De plus, ils étaient tous deux des fans avides de reggae et de ce qui sera appelé plus tard la world music.
John Lydon ne voyait pas d'obstacle à ce que Wobble apprenne à jouer de la basse après son arrivée dans le groupe, tout comme il l'avait fait avec son ami Sid Vicious, le remplaçant du bassiste original des Sex Pistols Glen Matlock à mi-parcours. Alors que ça avait été un pari fatal avec Vicious (Lydon cite son incapacité à apprendre à jouer de son instrument comme raison première de la fin des Sex Pistols), Wobble s'avérera avoir un talent naturel.
Lydon localisa Keith Levene (né Julian Levene) qu'il avait rencontré en tournée à la mi-1976 alors que celui-ci était un membre des Clash. Tous deux se considéraient eux-même comme des outsiders au sein de leurs propres groupes. Quand Levene eut vent de l'invitation, il adhéra rapidement. Le batteur originel était Jim Walker (né Donat Walker), un étudiant canadien récemment arrivé au Royaume-Uni, qui répondit à une annonce dans un magasine musical hebdomadaire.

PiL d√©buta avec Public Image, un simple peu √©loign√© du territoire des Sex Pistols. Il se vendit brillamment au Royaume Uni, et √©tonnamment bien en import aux √Čtats-Unis, o√Ļ la culture la plus r√©pandue √† cette √©poque √©tait profond√©ment r√©sistante √† la hargne ou l'innovation.

Encourag√©, le groupe se rel√Ęcha et balan√ßa un "spliff" collectif : En pr√©parant l'album First Issue ils avaient d√©pass√© leur budget d'enregistrement bien avant la fin (les drogues √©taient une d√©pense significative), et finirent avec huit morceaux de qualit√© sonore variable, dont la moiti√© furent enregistr√© dans l'urgence.

Wobble avait aussi cassé la figure de l'assistant du producteur Bill Price (qui avec John Leckie avait assuré le son tendu du simple Public Image), incitant Price à bannir le groupe des Wessex Studios qu'ils préféraient, les forçant à se bousculer pour un autre endroit et sonorisateur alors que le terme était atteint et même dépassé.

L'album, cependant, fut une déflagration : scabreux et mortiphère, mais lyrique par moments, "gothique" avant que le terme ne soit utilisé, et enraciné dans un lourd reggae dub. Le son de basse de Wooble était qualifié d'"impossiblement profond" par des critiques de l'époque, le son acéré unique de la guitare de Levene (il jouait sur une guitare Veleno tout-aluminium, et une Travis Bean Wedge partiellement en aluminium) a été largement imité, notamment par The Edge des U2 débutants et Geordie de Killing Joke. Les vocaux de Lydon étaient plus discordants et incantatoires que dans les Sex Pistols, lorgnant vers le territoire de l'avant-garde d'artistes comme Yoko Ono. L'album restait, de toute façon, assez facile pour qu'un public Rock y prête attention. Il se vendit bien au Royaume Uni et en Europe.

Metal Box en 1979 a été un effort plus concentré, bien qu'ayant été créé, comme First Issue, dans des circonstances notablement déconcentrées. En plus des drogues et de la désorganisation qui étaient les conditions normales du groupe, Jim Walker était parti à cause de la désillusion générale, laissant la place à une série de batteurs successifs Рdont un à la batterie duquel Wobble mit le feu, le bien-nommé Karl Burns. Des auditions se mirent en place au cours desquelles un jeune batteur, as de la baguette, fut estomaqué de se retrouver en pleine session d'enregistrement.
Metal Box sortit √† l'origine en trois maxi-45 tours emball√©s dans des bo√ģtes de bobines de film (l'album re-sorti plus tard en un double album, Second Edition), et comprenait les lignes de basse Reggae Dub hypnotiques caract√©ristiques du groupe, la guitare en arp√®ges cristallins, et la voix lugubre, parano√Įaque, inject√©e de conscience. Metal Box est plus brut que First Issue, plus √©clat√© et sans compromissions, parsem√© de portions de synth√©tiseur ambiant. Il est maintenant largement consid√©r√© comme un disque classique, autant pour sa musique que pour sa tonalit√© abrupte (le format maxi-45 tours ajoutait de la profondeur et de la fid√©lit√© √† ce qui √©tait d√©j√† un son tactile, spacieux) et se vendit assez bien √† sa sortie et les ann√©es suivantes. Mais avec Metal Box PiL n'√©tait plus un groupe rock standard, mais entrait totalement dans un autre territoire.
Un critique a écrit "ils ne sonnaient en rien comme les Sex Pistols ou n'importe qui d'autre du moment". En fait, bien que radicalement différent des autre groupes de rock américain ou britannique, PiL était lourdement influencé par le rock expérimental allemand, ou Krautrock, particulièrement Can, Neu! et l'esthétique sonore du producteur Conny Plank. Ce genre était marqué par le minimalisme, des ambiences inspirées du classique ou des inclinations atonales, via Stockhausen, et l'abandon du format de la chanson au profit de compositions longues se déployant lentement.
L'√©mission de danse American Banstand √©tait, autour des ann√©es 80, parfaitement innocente de ces choses, ses go√Ľts historiques partant de Frankie Avalon et s'√©tendant au Pop Rock de la douce fin des ann√©es 70. Engager PiL r√©v√©lait une br√®che diabolique latente en Dick Clark, leur h√īte. Le groupe mima les bandes-son mornes de Poptones et Careering, de Metal Box, Lydon haranguant le cameraman et ne faisant aucun effort pour cacher le play-back. Le public fit un effort vaillant, essayant de danser et de tenir son r√īle, effort ruin√© par les joyeuses incitations de Lydon √† venir saccager la sc√®ne. Un chaos g√©n√©ral √©clata et l'√©mission se termina avec le public dansant avec les musiciens, les musiciens glandant sur leurs instruments, et Lydon bavardant avec le public pendant que Careering continuait de mugir. Clark, des ann√©es apr√®s, citera cette apparition comme "un des dix meilleurs √©pisodes d'American Bandstand de tous les temps".
Une tournée des U.S.A. aboutit à plusieurs dates annulées et un peu plus de chaos, cette fois entre le groupe et son label américain, Warner Brothers (PiL était chez Virgin au Royaume-Uni).
Lydon avait toujours √©t√© une personnalit√© avec qui il √©tait difficile de travailler, mais Levene commen√ßa √† lui disputer la couronne, selon de nombreux t√©moignages, agissant de mani√®re de plus en plus grandiose et d√©sabus√©e, et plongeant de plus en plus profond√©ment dans l'h√©ro√Įne. Levene √©tait une personne tr√®s petite et maigre, consid√©r√©e souvent comme un "avorton". Jah Wooble √©tait pour sa part parmi les rares musiciens artistes sensibles et les aficionados de world-music qui avait pour habitude de se battre, de mettre le feu √† des gens, et de lancer des t√©l√©visions par les fen√™tres d'h√ītels. Quelque chose devait casser et il √©tait clair que √ßa ne pouvait pas √™tre Lydon. Curieusement, ce fut Wobble.

L'inssaisissabilit√© de PiL a contribu√© √† sa l√©gende, mais pour ceux de l'autre c√īt√© de la barri√®re, le groupe √©tait plut√īt "le plus paresseux du monde" – ne r√©p√©tant jamais, donnant rarement des concerts (le groupe d'origine n'a jou√© que cinq fois au Royaume Uni), et n'enregistrant que sous la pression du personnel ex√©cutif. (Un de ces ex√©cutants a appel√© PiL "une machine bien huil√©e qui br√Ľle l'argent et g√©n√®re de la fum√©e d'herbe et des excuses"). Quand Jim Walker s'est joint √† eux, il a commenc√© √† tra√ģner √† l'appartement de Lydon, et a remarqu√© que Levene t√©l√©phonait de l√† o√Ļ il vivait - sans doute √† quelques kilom√®tres, puisqu'il ne le voyait jamais. Un soir, un moment apr√®s un √©change t√©l√©phonique, il fut √©tonn√© de voir Levene pousser la porte : le guitariste habitait l'appartement au-dessous. Il ne s'√©tait jamais emb√™t√© √† monter avant.
Avec une telle esthétique comme base, il est aisé de constater combien un musicien ambitieux peut être frustré. Wooble avait sorti des simples en solo dès 1978 et a longtemps été malheureux des horaires désinvoltes du groupe et de son manque d'ambition. Alors qu'il travaillait à son premier album solo, il avait commencé à utiliser des lignes de basse de PiL comme fond d'accompagnement, et au début personne d'autre du groupe ne semblait s'en préoccuper. Quand Levene s'en aperçut, ça fournit le carburant de la rancune ; alors que les versions divergent quant au départ volontaire ou forcé de Wobble, la scission, elle, a été définitive. Au terme de ce départ, le groupe a continué à (ne pas) jouer en tant que trio sans basse.
Un concert au club rock Ritz, à New York, a été le signal d'un tournant. Le noyau musical du groupe était alors réduit à Lydon et Levene (le batteur Martin Atkins avait récemment sauté), et PiL avait commençait à se localiser sur New York, en partie à cause d'une campagne de harcèlement de la part du MI5 Рreconnue par la suite Рcontre le quartier général du groupe, l'appartement de Londres que Lydon avait acheté avec ses royalties des Sex Pistols. (Une campagne similaire allait chasser du Royaume-Uni le leader des Throbbing Gristle et de Psychic TV Genesis P. Orridge au milieu des années 90).
Levene avait aussi commencé à avoir de grandes idées à propos des déclarations de PiL jadis ironiques d'être "une corporation" et un "collectif artistique" : Tandis que des amis du groupe dont la réalisatrice Jeanette Lee avaient longtemps été des membres à part entière de PiL (le batteur Jim Walker avait simplement été "laissé à quai" en 1980), aucun travail créatif hors des enregistrements n'avait suivi. Cependant pour le concert du Ritz, Levene décida que PiL se réorganiserait en une troupe d'improvisation multimédia Рtravaillant, comme d'habitude sans préparation ni répétitions.
Le groupe apparut au Ritz en jouant derrière un écran de projection. (Le batteur Sam Ulamo avait été recruté dans un bar pour le concert Рun musicien de jazz de 60 ans qui n'avait jamais entendu parler du groupe auparavant). Tandis que des reminiscences d'enregistrements de PiL étaient diffusées simultanément par la sono, le groupe derrière l'écran, improvisait nettement différemment. Lydon invectivait le public qui attendait le pépertoire habituel du groupe, ou au moins les voir, et une mêlée éclata au cours de laquelle le public bombarda la scène de bouteilles et arracha une toile étalée sous le groupe, faisant basculer le matériel. Les promoteurs firent évacuer la salle et annulèrent le concert du lendemain, et la fureur des medias locaux de New York s'enflamma. La "maquette de 18 pouces de Stonehendge" était déscendue.
Un peu plus tard, le Tom Snyder Show d'NBC montra Lydon et Snyder s'insultant l'un l'autre √† l'antenne. Le groupe se rassembla bient√īt, apr√®s une fashion??, √† nouveau √† Londres.

Martin Atkins, qui avait initialement rejoint le groupe à la toute fin des sessions de Metal Box (la plupart des titres de l'album sont joués par Richard Dudanski), fut re-recruté pour jouer la batterie de Flowers of Romance, un album considéré comme plus étrange et difficile que le déjà étrange Metal Box. Levene avait alors déjà largement délaissé la guitare en faveur du synthétiseur, mettant au point une technique qui était presqu'unique, devant peut-être beaucoup à Allen Ravenstine de Pere Ubu. le style propulsif d'Atkins de batterie de fanfare et l'accroissement de l'abstraction parolière donna à cet album une écoute plus difficile pour les fans de rock : les critiques de l'époque exprimèrent une grande confusion.

L'album consiste surtout en de la batterie, de la voix, de la musique concrète et des boucles de cassettes, et de simples gesticulations sur la basse (jouée par Levene) et les claviers. Julian Cope, toutefois, exprime le point de vue majoritaire d'alors, disant que Flowers of Romance était "le dernier grand album de PiL". La batterie en fut largement copiée, notamment par Kate Bush et Phil Collins. (Phil Collins reconnu le fait ; Kate Bush fit un pas de plus en achetant une partie du matériel de Wobble de "l'impossible basse" de la période Metal Box - Le secret en était une Fender Jazz Bass de 1970, ou une copie, branchée sur un amplificateur Ampeg SVT à lampe, les enceintes face à un mur en dur, et les micros placés pour capter le son ambiant).
Atkins √©tait, comme Lydon et Levene, un monstre incontr√īlable d'un certaine mani√®re, mais Levene avait le d√©savantage d'avoir vir√© Atkins de mani√®re r√©p√©titive pour d'apparentes broutilles, et d'√™tre d√©fonc√© la plupart du temps – aussi quand un nouveau conflit surgit, ce fut lui qui s'en alla. Un quatri√®me album avort√©, de 1982, fut √©dit√© plus tard par Levene sous le nom de Commercial Zone. Lydon et Atkins clament qu'il a vol√© les bandes, alors que Levene affirme, en effet, que la possession est le neuf/dixi√®me de la loi. Les t√©moignages, comme d'habitude, diff√®rent grandement sur les d√©tails, et l'album, consid√©r√© comme bien sup√©rieur √† l'officiel This Is What You Want, This Is What You Get, qui est apparu ensuite, n'a jamais √©t√© l√©galement r√©-√©dit√©. Atkins resta sur l'album concert d√©sastreux, Live in Tokyo – sur lequel PiL consiste en lui, Lydon et un groupe de musiciens de mariage du New Jersey – et partit en 1985, apr√®s l'album This Is What You Want, This Is What You Get.
Le groupe allait, ou peut-être sombrait, dans une direction musicale plus pop commerciale et dansante, et alors que de nombreux nouveaux fans découvrirent PiL, peu de leur public (et de leur son) originel demeura.

La production de PiL de l'année 1986 s'intitulait simplement Compact Disc, Cassette, ou Album, selon le format. La typographie bleue de la pochette au design spartiate parodiait les produits génériques ; les photos de promotion montrait Lydon en costume "bleu générique" entouré d'alimentation générique et buvant une bière générique. Produit par Bill Laswell (en dépit des dissensions et désaccords avec Lydon) et avec nombre des musiciens de sa distribution tournante habituelle, il comprenait aussi des solos de guitare par Steve Vai, considérés par Vai comme un de ses meilleurs travaux.

La controverse pointa à nouveau sa vieille face grimaçante avec des allégations selon lesquelles le concept de la pochette et du titre de l'album avait été emprunté groupe noisy punk de San Francisco Flipper, contemporain de PiL, dont l'album Album avait une couverture similairement dépouillée. Flipper se vengea en appelant leur album suivant Public Flipper Limited.

PiL sortit Happy? en 1987, et durant l'√©t√© 1988 tourna aux √Čtats-Unis en premi√®re partie de la tourn√©e d'INXS Kick. En 1989, PiL fit avec New Order et les Sugarcubes une tourn√©e appel√©e "Les Monstres du Rock Alternatif", un assortiment de groupes alternatifs disparates qui pr√©c√©da le festival Lollapalooza de deux ans. PiL continua en tant que projet de Lydon jusqu'en 1993, quand il d√©fit le groupe. La derni√®re formation consistait en Lydon, Ted Chau (guitare, claviers), Mike Joyce des Smiths (batterie), John MacGeoch (guitare), et Russel Webb (basse).

Lydon a sorti un album solo en 1997, Psycho's Path. Il considère PiL "en hiatus" et prévoit de sortir un livre sur ses années passées au sein du groupe.

Discographie - Albums
* First Issue, 1978
* Metal Box, 1979
* Second Edition, 1980
* Paris au Printemps (live), 1980
* (The) Flowers of Romance, 1981
* Live In Tokyo (live), 1983
* This Is What You Want… This Is What You Get, 1984
* Commercial Zone, 1984
* Album / Compact Disc / Cassette, 1986
* Happy?, 1987
* 9, 1989
* The Greatest Hits, So Far (compilation), 1990
* Box (coffret), 1990
* That What Is Not, 1992
* Plastic Box (coffret 4 cédés), 1999
* Public Image/Second Edition (deux-en-un), 2003


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